Cercle Algérianiste de Grenoble,
                  de l'Isère et sa région


Association des Français d'Afrique du Nord




Le cercle algérianiste de Grenoble
vous invite le mardi 17 décembre 2019 à 18:00
dans
la salle Belledonne de l'Hôtel LESDIGUIERES
122, cours de la libération 38100 Grenoble
à la conférence de M. Bruno CAUTRÈS


L’opinion publique et le « malheur français »

La France vient de connaître, avec les Gilets jaunes, l’une des plus importantes crises démocratiques et sociales que l’Europe ait connue depuis ces dernières décennies.

Deux principales sources de demandes se sont exprimées : dans le domaine du pouvoir d’achat et dans le domaine des institutions. Dans les semaines qui ont suivi, les Français ont eu deux autres occasions de s’exprimer : le Grand débat national et les élections européennes.

De quelle manière ces trois registres de l’expression publique (la protestation, la délibération et le vote) se contredisent-elles ? Que nous dit la séquence d’évènements qui va de la crise des Gilets jaunes aux élections européennes ? Quelles sont les aspirations, les demandes et les tensions que tout ceci raconte sur la France en 2019 ?

Ces réflexions doivent être nourries des grandes enquêtes universitaires qui analysent en profondeur la crise de confiance des Français dans leur modèle politique et social.

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Une nouvelle fois, Bruno Cautrès animera une conférence du cercle algérianiste de Grenoble. Nous le connaissons bien par ses fréquentes interventions sur les medias et par ses publications (liens ci-dessous).
Enseignant à SciencesPoParis, il est chercheur au CNRS et membre du CEVIPOF.
 https://www.sciencespo.fr/cevipof/en/researcher/bruno-cautres

https://theconversation.com/fractures-territoriales-et-sociales-portrait-dune-france-en-morceaux-112154







MÉMORIAL DES FRANÇAIS RAPATRIÉS D’AFN ET D’OUTRE-MER CIMETIÈRE DE L’EST À METZ (MOSELLE) CÉRÉMONIE DE DEUIL ET DE RECUEILLEMENT DU 1er NOVEMBRE 2017 À 10H00


Allocution de Madame Danielle Pister-Lopez,
Présidente de l’Amicale des Pieds-Noirs, sections Moselle et Marly,
Vice-présidente du Cercle algérianiste, section de Champagne-Grand Est,
Maître de Conférences Cum merito des Universités - Université de Lorraine (Metz).

Mesdames et Messieurs les Autorités Civiles et Militaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents des Associations Patriotiques et du Souvenir Français,
Mesdames et Messieurs les Porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs, Chers amis, Chers Compatriotes,

La Présidente, les membres et les sympathisants de l’Amicale des Pieds-Noirs de la Moselle, ainsi que leurs frères Harkis, vous remercient d’être fidèles, chaque année, à cette cérémonie du 1er novembre, en mémoire des morts civils et militaires, toutes ethnies et confessions confondues, natifs des anciens départements, protectorats et territoires d’Outre-mer. Tombés parfois loin de leurs terres natales, pour défendre la France, leurs noms ont disparu avec les monuments aux morts détruits, après le retrait de la France des territoires où ils étaient nés.

Certains responsables que nous invitons à nos manifestations nous font parfois remarquer que la République se charge déjà d’honorer la mémoire de ces soldats. Nous ne l’ignorons pas. Mais certains de ces combattants sont rejetées dans les marges de l’histoire, comme les Pieds-Noirs, les Harkis, et avant eux, les Vietnamiens engagés, pendant la guerre d’Indochine, au côté de l’armée française. Malheur à ces vaincus, doublement ostracisés parce qu’ils appartiennent à des pages de l’histoire nationale que certains stigmatisent par idéologie, que d’autres préfèrent occulter faute de pouvoir justifier la façon dont la France de la IV e et de la Ve République, reniant sa propre parole, les a abandonnés. Il est cruel pour nous de voir les ennemis d’hier accueillis avec tous les honneurs de la République française alors que ceux qui l’ont servie fidèlement sont, au nom de la raison d’État, assignés au rôle peu glorieux de cadavres dissimulés dans les placards de l’Histoire.

Le 15 août dernier, le Président de la République présidait la célébration du 75 e anniversaire du débarquement en Provence, mené par une armée partie des côtes d’Afrique du Nord et composée de volontaires, venus de différents territoires africains, alors sous autorité française. Mélangeant nationalités et ethnies, le Président a rappelé quels étaient les participants de cette épopée. Cette litanie ne permettait pas aux jeunes auditeurs, de mesurer que, dans ces troupes composites, les Pieds-Noirs constituaient alors plus de 40% de la totalité de ces volontaires, alors qu’en nombre d’habitants, ils étaient largement minoritaires. Cela souligne la force de leur engagement, sans que cela n’enlève rien au mérite et à la bravoure des autres combattants qu’il faut saluer à égalité.

Mais ces Pieds-Noirs, et ces Algériens dont certains deviendront plus tard des Harkis, ces rescapés de combats qui les avaient menés jusqu’en Allemagne, repartirent, la guerre terminée et leur devoir accompli, vers l’Algérie. Ils ne pouvaient imaginer qu’ils re-débarqueraient sur ces mêmes rivages du sud de la France, 18 ans plus tard ; 18 ans, l’âge requis pour s’engager en 1944 ; 18 ans, à peine la mesure d’une nouvelle génération. En 1962, ils ne venaient plus combattre un ennemi : ils fuyaient, avec femmes et enfants, un véritable nettoyage ethnique déclenché contre eux, en Algérie, leur terre natale.

L’accueil à Marseille, qu’orchestra notamment son Maire, fut des plus hostile. Gaston Deferre, qui n’a jamais manqué de rappeler lui-même son passé de grand résistant, oublia alors qui avait participé à la libération de sa ville, 18 ans plus tôt. Il conseilla fermement à tous les malheureux, qui n’avaient pas le choix de leur port d’arrivée, « d’aller se réadapter ailleurs ». Les Libérateurs d’hier devenaient des envahisseurs.

Cet accueil ajouta à la douleur du déchirement d’un exil qui ne fut ni préparé, ni justifié, ni apaisé par une quelconque reconnaissance de la Nation de ce drame dont la seule responsabilité fut rejetée, par l’opinion publique, sur les seuls Pieds-Noirs abandonnés par la métropole. Déjà, le 26 mars 1962, une semaine après la signature des pseudo-accords d’Évian, l’armée française tirait, rue d’Isly à Alger, sur une foule désarmée, tuant 84 civils. Le 5 juillet suivant, fête de l’indépendance, alors que les autorités s’étaient engagées à assurer la sécurité des Européens, 700 d’entre eux, au minimum, furent massacrés ou disparurent à Oran, parfois sous les yeux de soldats français sensés les protéger. Personne ne les rechercha.

On ne cesse de répéter aujourd’hui que pour faire le deuil d’un proche disparu, il faut connaître les circonstances de sa mort et le lieu où repose son corps. Il faut donc croire que les Pieds-Noirs ne sont pas des êtres humains comme les autres, puisqu’on leur refuse d’ouvrir les archives qui concernent ces massacres. En revanche, le Président de la République va autoriser l’ouverture du dossier concernant l’affaire Audin, militant communiste, soutien du FLN qui menait alors, en Algérie, une guerre terroriste contre des civils sans défense, européens et musulmans fidèles à la France. Que toute la vérité soit faite sur la disparition de ce militant, est nécessaire. Choisir d’ouvrir, d’abord et seulement, ce dossier et refuser d’ouvrir ceux concernant 3000 civils et 400 militaires français, eux aussi disparus, sans compter les harkis massacrés, reste un fait incompréhensible, et une meurtrissure de plus pour tous les Pieds-Noirs.

Voilà pourquoi chaque année, nous rappelons ces faits, connus des historiens mais que les politiques évitent d’aborder. À l’exemple du Sisyphe de Camus, nous tentons inlassablement de remonter notre rocher, c’est-à-dire notre passé, occulté, défiguré, vers des sommets plus éclairés. Nous n’avons plus rien à perdre, fors l’honneur. Comme c’est le dernier bien qui nous reste, nous le défendrons, jusqu’au bout, avec celui des générations qui nous ont précédés.

Permettez-moi, pour finir, de saluer la mémoire d’une personnalité qui nous a quittés il y a peu : le colonel Daniel Planchette a souvent représenté les autorités municipales à nos cérémonies. Loin de se cantonner dans un rôle strictement protocolaire, il a toujours dialogué avec nous. Adjoint au maire de Metz et délégué à la Défense et à la mémoire, il avait compris que nous n’agissions pas dans un esprit revanchard, que nous ne voulions pas refaire l’histoire, mais la faire connaître ; que nous n’exigions aucune repentance, la stricte vérité des faits se suffisant à elle-même. L’attitude humaniste de cet édile tranchait avec l’idéologie ambiante, ce qui nous réinstallait dans notre dignité de citoyen. Nous lui en sommes profondément reconnaissants.

Nous vous remercions, Mesdames et Messieurs, pour votre présence. Elle nous fait espérer que viendra enfin ce jour où les archives encore verrouillées seront accessibles. Car officiellement la guerre d’Algérie a pris fin il y a bientôt 58 ans. Alors nos morts reposeront enfin en paix et nous, nous pourrons, sans arrière-pensée, dire : vive la France !

Metz le 1er novembre 2019

Danielle PISTER-LOPEZ Présidente de l’Amicale des Pieds-Noirs de Moselle
Emile JUAN †
Daniel BOLUFER Présidents d’honneur





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Dernière mise à jour : 24 novembre 2019                            nouscontacter@cagrenoble.fr