Cercle Algérianiste de Grenoble,
                  de l'Isère et sa région


Association des Français d'Afrique du Nord




Le cercle algérianiste de Grenoble
vous invite le jeudi 14 novembre 2019 à 18:00 dans
la salle Belledonne de l'Hôtel LESDIGUIERES
122, cours de la libération 38100 Grenoble
à la conférence de M. Michel SANCHO ingénieur général de l'armement

de l'armistice au traité de Versailles, conséquences des traités sur
l'Europe et le proche-orient jusqu'à aujourd'hui


Il y a 100 ans, le 28 juin 1919, était signé le traité de Versailles avec l'Allemagne, suivi de ceux de Saint-Germain avec l'Autriche, de Neuilly avec la Bulgarie, de Trianon avec la Hongrie, et Sèvres avec la Turquie. Ils mettaient officiellement fin à la guerre, même si, pour la majorité des Français et surtout des soldats d'alors, la guerre était finie depuis l'armistice du 11 novembre 1918, seule date commémorée depuis !

En fait la Grande guerre ne se termine pas le jour de l'armistice ni celui de la signature des traités et des soldats français mourront jusqu'en 1922 sur des champs de bataille éloignés. Sur les décombres des quatre grands empires, allemand, russe, ottoman et d'Autriche-Hongrie, de nombreux peuples cherchent à se constituer ou reconstituer en tant que pays indépendants, érigés sur des bases majoritairement ethniques mais avec des populations entremêlées et des territoires hétérogènes.

Les nouveaux états veulent redéfinir leurs frontières fixées par les traités pour récupérer leurs minorités à l'extérieur ou résister aux demandes des voisins.
 Même si la Russie est absente de ces traités de 1919 et 1920, l'idéologie bolchevique qui appelle à la révolution mondiale reste en filigrane et le réflexe contre-révolutionnaire va conduire à des interventions extérieures pour les pays vainqueurs et à des guerres civiles très violentes dans les pays vaincus et certains nouveaux états.

En pratique, malgré la création de la Société des Nations (imposée par le président américain Wilson et totalement inefficace), dans les quinze années suivantes, se mettront en place les processus conduisant à la Seconde guerre mondiale mais aussi à des situations conflictuelles encore présentes de nos jours.


Michel Sancho est diplômé Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris en 1969, Ingénieur de l'armement par concours, 1971 diplômé de l’Ecole nationale supérieure de l'Aéronautique, 1971-1977 ingénieur d'essais de structures d'avions, centre d'essais aéronautiques de Toulouse, 1977-2001 ingénieur au Service des programmes aéronautiques de la Délégation Générale pour l'armement (DGA), nombreux postes divers, structures, système d'armes, prospective et pour terminer après un passage à l'Ecole supérieure de guerre  de l'armée de l'air, directeur du programme Avion de Transport Futur, devenu l'Airbus A400M. Après la DGA, 4 ans détaché à l'OTAN, directeur adjoint de l'agence en charge du programme d'hélicoptère NH90.
Aujourd’hui à la retraite, Michel Sancho fait des conférences sur l'histoire militaire de la France





MÉMORIAL DES FRANÇAIS RAPATRIÉS D’AFN ET D’OUTRE-MER CIMETIÈRE DE L’EST À METZ (MOSELLE) CÉRÉMONIE DE DEUIL ET DE RECUEILLEMENT DU 1er NOVEMBRE 2017 À 10H00


Allocution de Madame Danielle Pister-Lopez,
Présidente de l’Amicale des Pieds-Noirs, sections Moselle et Marly,
Vice-présidente du Cercle algérianiste, section de Champagne-Grand Est,
Maître de Conférences Cum merito des Universités - Université de Lorraine (Metz).

Mesdames et Messieurs les Autorités Civiles et Militaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents des Associations Patriotiques et du Souvenir Français,
Mesdames et Messieurs les Porte-drapeaux,
Mesdames, Messieurs, Chers amis, Chers Compatriotes,

La Présidente, les membres et les sympathisants de l’Amicale des Pieds-Noirs de la Moselle, ainsi que leurs frères Harkis, vous remercient d’être fidèles, chaque année, à cette cérémonie du 1er novembre, en mémoire des morts civils et militaires, toutes ethnies et confessions confondues, natifs des anciens départements, protectorats et territoires d’Outre-mer. Tombés parfois loin de leurs terres natales, pour défendre la France, leurs noms ont disparu avec les monuments aux morts détruits, après le retrait de la France des territoires où ils étaient nés.

Certains responsables que nous invitons à nos manifestations nous font parfois remarquer que la République se charge déjà d’honorer la mémoire de ces soldats. Nous ne l’ignorons pas. Mais certains de ces combattants sont rejetées dans les marges de l’histoire, comme les Pieds-Noirs, les Harkis, et avant eux, les Vietnamiens engagés, pendant la guerre d’Indochine, au côté de l’armée française. Malheur à ces vaincus, doublement ostracisés parce qu’ils appartiennent à des pages de l’histoire nationale que certains stigmatisent par idéologie, que d’autres préfèrent occulter faute de pouvoir justifier la façon dont la France de la IV e et de la Ve République, reniant sa propre parole, les a abandonnés. Il est cruel pour nous de voir les ennemis d’hier accueillis avec tous les honneurs de la République française alors que ceux qui l’ont servie fidèlement sont, au nom de la raison d’État, assignés au rôle peu glorieux de cadavres dissimulés dans les placards de l’Histoire.

Le 15 août dernier, le Président de la République présidait la célébration du 75 e anniversaire du débarquement en Provence, mené par une armée partie des côtes d’Afrique du Nord et composée de volontaires, venus de différents territoires africains, alors sous autorité française. Mélangeant nationalités et ethnies, le Président a rappelé quels étaient les participants de cette épopée. Cette litanie ne permettait pas aux jeunes auditeurs, de mesurer que, dans ces troupes composites, les Pieds-Noirs constituaient alors plus de 40% de la totalité de ces volontaires, alors qu’en nombre d’habitants, ils étaient largement minoritaires. Cela souligne la force de leur engagement, sans que cela n’enlève rien au mérite et à la bravoure des autres combattants qu’il faut saluer à égalité.

Mais ces Pieds-Noirs, et ces Algériens dont certains deviendront plus tard des Harkis, ces rescapés de combats qui les avaient menés jusqu’en Allemagne, repartirent, la guerre terminée et leur devoir accompli, vers l’Algérie. Ils ne pouvaient imaginer qu’ils re-débarqueraient sur ces mêmes rivages du sud de la France, 18 ans plus tard ; 18 ans, l’âge requis pour s’engager en 1944 ; 18 ans, à peine la mesure d’une nouvelle génération. En 1962, ils ne venaient plus combattre un ennemi : ils fuyaient, avec femmes et enfants, un véritable nettoyage ethnique déclenché contre eux, en Algérie, leur terre natale.

L’accueil à Marseille, qu’orchestra notamment son Maire, fut des plus hostile. Gaston Deferre, qui n’a jamais manqué de rappeler lui-même son passé de grand résistant, oublia alors qui avait participé à la libération de sa ville, 18 ans plus tôt. Il conseilla fermement à tous les malheureux, qui n’avaient pas le choix de leur port d’arrivée, « d’aller se réadapter ailleurs ». Les Libérateurs d’hier devenaient des envahisseurs.

Cet accueil ajouta à la douleur du déchirement d’un exil qui ne fut ni préparé, ni justifié, ni apaisé par une quelconque reconnaissance de la Nation de ce drame dont la seule responsabilité fut rejetée, par l’opinion publique, sur les seuls Pieds-Noirs abandonnés par la métropole. Déjà, le 26 mars 1962, une semaine après la signature des pseudo-accords d’Évian, l’armée française tirait, rue d’Isly à Alger, sur une foule désarmée, tuant 84 civils. Le 5 juillet suivant, fête de l’indépendance, alors que les autorités s’étaient engagées à assurer la sécurité des Européens, 700 d’entre eux, au minimum, furent massacrés ou disparurent à Oran, parfois sous les yeux de soldats français sensés les protéger. Personne ne les rechercha.

On ne cesse de répéter aujourd’hui que pour faire le deuil d’un proche disparu, il faut connaître les circonstances de sa mort et le lieu où repose son corps. Il faut donc croire que les Pieds-Noirs ne sont pas des êtres humains comme les autres, puisqu’on leur refuse d’ouvrir les archives qui concernent ces massacres. En revanche, le Président de la République va autoriser l’ouverture du dossier concernant l’affaire Audin, militant communiste, soutien du FLN qui menait alors, en Algérie, une guerre terroriste contre des civils sans défense, européens et musulmans fidèles à la France. Que toute la vérité soit faite sur la disparition de ce militant, est nécessaire. Choisir d’ouvrir, d’abord et seulement, ce dossier et refuser d’ouvrir ceux concernant 3000 civils et 400 militaires français, eux aussi disparus, sans compter les harkis massacrés, reste un fait incompréhensible, et une meurtrissure de plus pour tous les Pieds-Noirs.

Voilà pourquoi chaque année, nous rappelons ces faits, connus des historiens mais que les politiques évitent d’aborder. À l’exemple du Sisyphe de Camus, nous tentons inlassablement de remonter notre rocher, c’est-à-dire notre passé, occulté, défiguré, vers des sommets plus éclairés. Nous n’avons plus rien à perdre, fors l’honneur. Comme c’est le dernier bien qui nous reste, nous le défendrons, jusqu’au bout, avec celui des générations qui nous ont précédés.

Permettez-moi, pour finir, de saluer la mémoire d’une personnalité qui nous a quittés il y a peu : le colonel Daniel Planchette a souvent représenté les autorités municipales à nos cérémonies. Loin de se cantonner dans un rôle strictement protocolaire, il a toujours dialogué avec nous. Adjoint au maire de Metz et délégué à la Défense et à la mémoire, il avait compris que nous n’agissions pas dans un esprit revanchard, que nous ne voulions pas refaire l’histoire, mais la faire connaître ; que nous n’exigions aucune repentance, la stricte vérité des faits se suffisant à elle-même. L’attitude humaniste de cet édile tranchait avec l’idéologie ambiante, ce qui nous réinstallait dans notre dignité de citoyen. Nous lui en sommes profondément reconnaissants.

Nous vous remercions, Mesdames et Messieurs, pour votre présence. Elle nous fait espérer que viendra enfin ce jour où les archives encore verrouillées seront accessibles. Car officiellement la guerre d’Algérie a pris fin il y a bientôt 58 ans. Alors nos morts reposeront enfin en paix et nous, nous pourrons, sans arrière-pensée, dire : vive la France !

Metz le 1er novembre 2019

Danielle PISTER-LOPEZ Présidente de l’Amicale des Pieds-Noirs de Moselle
Emile JUAN †
Daniel BOLUFER Présidents d’honneur





 Henry Baconnier nous a quittés     La Victoire oubliée du Corps Expéditionnaire
                    Français     Le Corps Expéditionnaire
                    Français en Italie     Le Service de santé des Armées dans les
                    territoires du sud algérien


 Revue l'Algérianiste     la valise aux trésors du
                    oued-master


 le RACING UNIVERSITAIRE D'ALGER par Maurice
                    Faglin     la réinstallation des
                    pieds-noirs en Gironde par Laure Maurice   

 CRIER LA VERITE par le
                    Professeur Pierre GOINARD     Nos paquebots par Pierre
                    DIMECH    Pharmaciens de l'Armée
                    d'Afrique

 Notre-Dame d'Afrique  Timgad par Maurice CRETOT     Le colonel-aviateur Jean
                    Baradez archéologue en Algérie par André LEBERT

 Yves Boutin, premier soldat de
                    l'Armée d'Afrique par M. R. BOUGEOIS          O Tipasa par félix LAGROT



 Deux expositions la guerre
                d'Algérie par l'UNC du Dauphiné, et une exigence de
                vérité et Harkis au camp des invisibles d'Elisa Cornu


 Bilan des expositions Harkis au
                  camp des invisibles et Guerre d'Algérie, une exigence
                  de vérité     Quatre articles du Dauphiné
                  Libéré     Blog de l'Union Nationale des
                  Combattants du Dauphiné


 Exposition Harkis au camp des
                  invisibles Plaquette du Conseil Général des Bouches du
                  Rhône



Dernière mise à jour : 11 novembre 2019                            nouscontacter@cagrenoble.fr