PARFUMS

De ma fenêtre close à ce jour misérable,
Dans la clarté maussade où baigne le matin,
Je regarde tomber la pluie interminable,
Ruisselant sur la vitre en larmes de chagrin.
Me voici possédé, envahi de grisaille,
Pauvre être sans ressort livré aux éléments,
Vaincu sans coup férir et rendu sans bataille
À l'enfer virtuel fait d'intimes tourments.
Pourtant je sais chasser cette mélancolie
Et mettre dans mon âme une douce embellie,
Fuir les nuages bas et leur triste crachin.
Fermant mes yeux navrés, si j'ouvre ma mémoire,
Retrouvant la fraîcheur des senteurs illusoires,
Le ciel d'Afrique naît du parfum des jasmins.

Giens le 10 mars 2000